Homélie du Père B. du 19/07/2026

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16ème Sem/Temps Ord/A
Sg 12,13.16-19 ; Ps 85 ; Rm 8,26-27 ; Mt 13,24-30
L’autre jour, j’ai eu l’occasion de visiter un jardin accompagné d’un guide qui nous donnait des explications très intéressantes. Dans son préambule il disait : « dans un jardin comme dans la nature, il n’existe pas de mauvaises herbes, il n’existe que des herbes sauvages ». Il voulait dire par là que toutes les plantes, quelles qu’elles soient, ont un rôle à jouer dans l’équilibre naturel. Si certaines plantes nous conviennent peut-être davantage, les autres n’en sont pas moins utiles.
Tout bon jardinier sait que - sans recourir aux produits chimiques- les légumes pour être beaux, exigent la présence d’autres herbes, qu’on appelle « mauvaises ».
Il est vrai que dans l’existence, la distinction entre le bien et le mal est souvent arbitraire. J’appelle « bon » ce qui me convient et me plait, j’appelle « mauvais » ce qui me contrarie.
Nous savons également que les notions de bien et le mal dépendent de notre éducation, notre culture, notre environnement, notre projet de vie … Ce qui est bien pour moi est peut-être mauvais pour l’autre, c’est bon aujourd’hui et ce sera mal demain ou réciproquement ! Comme il est étonnant aussi parfois de constater comment une bonne intention, ou un acte de générosité peut avoir des effets pervers inattendus.
L’Evangile de l’ivraie, comme déjà l’Evangile de dimanche passé nous montre que nous sommes absolument incapables de dire de façon absolue ou définitive « ceci est bien, ceci est mal »…
Personne donc n’est habilité à arracher l’ivraie, car le bien et le mal sont si entremêlés qu’ils sont inséparables. Même Dieu ne veut pas s’ériger en juge, car pour lui rien n’est jamais définitif, irrémédiable mais peut toujours être repris et sauvé.
Nous savons aussi que tout au long de son histoire, l’Eglise a souvent été tentée de faire le nettoyage par le vide. Il suffit de se rappeler les croisades, les guerres saintes, l’inquisition, la conquête et la soi disante conversion des Amériques…
Encore aujourd’hui nous faisons l’expérience
- Du fanatisme de ceux qui s’estiment être des purs,
- Du soupçon de ceux qui prétendent détenir toute la vérité.
- De l’intolérance de ceux qui se croient intègres et justes, c’est-à-dire être du bon grain.
Comment d’ailleurs pourrions-nous séparer le bon grain de l’ivraie chez les autres alors que tous les deux croissent au cœur même de notre propre vie ?
Il n’existe pas de champ de blé sans ivraie, il n’existe pas de gens sans faiblesse ;
Autrement dit : il nous faut apprendre à vivre avec elles, en nous et autour de nous, avec l’espoir de voir lentement croître le blé au point de supplanter l’ivraie.

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