Homélie du Père B. du 30/08/2026

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22ème Sem/Temps Ord/A
Jr 22, 19-23 ; Ps 62 ; Rm 12,1-2 ; Mt 16, 21-27
Il est impossible de faire un relevé de toutes les souffrances du monde. Nous en sommes écrasés ! Il suffit d’ouvrir son journal ou sa TV pour plonger dans l’horreur... Jusqu’où irons-nous dans la violence, la cruauté, les tortures les plus affreuses ?
Et pourtant des foules entières chaque jour et dans toutes les langues, se tournent vers Dieu et le prient pour que ça cesse. « Dieu est-il sourd ? Pourquoi n’exauce-t-il pas cette immense mobilisation de prières, de neuvaines, de pèlerinages, ces tonnes de bougies offertes et brûlées… ? S’il n’est pas sourd, serait-il alors indifférent ?
Je crois que Dieu n’est ‘ni sourd, ni indifférent’, mais c’est nous qui le connaissons mal. L’Evangile de ce jour montre que Pierre qui a fait un si bel acte de foi et qui est nommé 1er « pape », même lui continue à se représenter un Dieu semblable aux divinités païennes des religions antiques c’est-à-dire un Dieu tout puissant, omniprésent, un Dieu maître de toutes choses, un Dieu de majesté, de grandeur, assis sur un trône… il refuse l’image d’un Dieu souffrant sur une croix, il refuse l’image du Dieu que Jésus vient nous révéler.
En effet, lorsque le fils de Dieu se présente au monde n’est-ce pas comme un nouveau-né fragile, dépendant et vulnérable ? Comme un petit enfant obligé de fuir lui-même son propre pays pour échapper à la violence des hommes ? Ensuite Jésus va vivre de façon cachée pendant 30 ans, assidu au travail et à la prière. Un Jésus qui ouvre les bras aux petits enfants, aux malades, aux blessés de la vie… un Jésus qui ouvrira une dernière fois ses bras sur une croix, victime de l’injustice, de l’exclusion et la cruauté des hommes.
Le Dieu dont il est le visage, loin d’être un Dieu de puissance est un Dieu de fragilité, de vulnérabilité, dépendant de l’humain. Un Dieu qui ne se laisse pas découvrir dans l’ouragan ou la tempête mais dans la bise légère.
Il est aussi un Dieu de contradiction :
- Alors que le monde dit : heureux les forts, les puissants, les riches…
Jésus dit : heureux les pauvres, les humbles, les petits.
- Alors que le monde s’incline devant les bien-pensants, les gens dignes et respectables…
Jésus va s’asseoir à la table des pécheurs, et lave les pieds de ses disciples.
- Alors que le monde juge, condamne, punit les méchants et les coupables…
Jésus pardonne, relève et met debout.
- Alors que dans le monde il n’y a pas de place pour l’étranger et le malade…
Jésus ne cesse d’accueillir et ouvrir les bras.
Et nous pourrions continuer la liste des oppositions ! Vraiment Jésus est venu tout mettre à l’envers : « Bienheureux les pauvres de cœur, les doux, les artisans de paix… ». Voilà le Jésus que nous suivons.
Ne sommes-nous pas ici semblables à ces foules qui se pressaient autour de Jésus ? Nous aussi nous aimerions toucher seulement la frange de son vêtement pour notre guérison !
Et bien ici, dans cette Eucharistie, nous avons bien plus que la frange de sa tunique, c’est lui-même qui se donne à nous. Il ne peut pas d’un coup de baguette magique ôter toutes nos souffrances, mais il vient porter notre croix, cette croix qui a pour nom : maladie, solitude, indifférence, inquiétude, chômage… oui, tout cela Jésus le vit avec nous. Non il ne nous abandonne pas, non il n’est pas sourd ni indifférent à notre prière ; son cœur, comme le cœur des parents pour leurs enfants est tourmenté par nos détresses.
C’est d’ailleurs le sens de ce geste que nous allons poser maintenant : nous allons communier, c’est-à-dire partager avec Jésus sa divinité, mais il nous faut aussi croire que c’est lui, Jésus, qui le premier vient communier à nous, en partageant notre humanité laborieuse et souffrante.
Communier n’est-ce pas finalement s’unir tous avec le Seigneur pour supporter le poids de cette croix qui nous fait si peur, mais soulevée par tous, elle devient un fardeau plus léger et plus facile à porter.
BON DIMANCHE

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