Ce que Dieu m'a appris sur le handicap

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Beaucoup disent : si Dieu existait et qu'il nous aimait, il n'y aurait pas de handicap.

J'ai longtemps porté cette question, jusqu'au jour où j'ai reçu, dans la prière, une réponse à laquelle je ne m'attendais pas. Une intuition simple, presque évidente une fois qu'on l'a reçue, et qui a changé mon regard.

Nous ne savons pas apprécier ce que nous avons.

Qui, en se levant ce matin, a remercié Dieu pour ses yeux ? Pour la lumière qui entre, pour les visages qu'on reconnaît, pour les couleurs qu'on ne remarque même plus tant elles nous semblent dues ? Nous marchons, nous voyons, nous entendons, et nous trouvons cela tellement normal que nous ne le voyons plus du tout, justement. La santé est le seul bien que nous possédons sans jamais le regarder.

Et voilà ce que j'ai compris : le handicap n'est pas une punition, ni un oubli de Dieu. C'est un signe qu'il place au milieu de nous, comme un rappel silencieux de ce que nous avons et que nous ne savons pas voir.

Quand nous croisons une personne handicapée, nous sommes souvent gênés. Nous détournons le regard, mal à l'aise, comme si sa condition nous renvoyait quelque chose qu'on préférerait ne pas voir. Mais peut-être que ce malaise devrait se transformer en gratitude — non pas envers elle comme si elle existait pour nous instruire, mais parce que sa présence, malgré elle, nous réveille. Elle nous rend, un instant, notre propre vue visible à nos propres yeux.

Si nous savions apprécier chaque jour ce que nous recevons — la vue, la marche, l'ouïe, la parole — peut-être que le handicap n'aurait pas besoin d'exister pour nous le rappeler. C'est notre aveuglement à nous, les bien-portants, qui rend ce rappel nécessaire.

Et je crois que Dieu, dans son amour, n'abandonne personne à cette épreuve sans promesse. Je crois que le jour où les personnes aveugles, par exemple, entreront dans la joie du Paradis, elles verront enfin, de leurs propres yeux, le visage de Celui qui ne les a jamais quittées. Et cette joie sera d'autant plus immense, indicible, qu'elle aura été attendue toute une vie.

Pourquoi certains naissent valides et, suite à un accident, par exemple, se retrouvent handicapés ? Pour qu'on réalise que rien n'est dû. Que cela peut aussi nous arriver. Et qu'il est temps d'apprécier ce que l'on a.
Pourquoi certains naissent avec un handicap ? Pour que celui qui le devient par accident trouve réconfort auprès d'eux et apprécie le temps où il était valide.

Alors, tel que Dieu me l'a expliqué, le handicap n'est pas l'absence de l'amour de Dieu. Il en est, mystérieusement, une des formes — un miroir tendu à notre ingratitude, et une promesse tenue en réserve pour ceux qui le portent.

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